Chroniques Tavernes

Mars 2026, Brie

Une cassette

Ecoutez celles et ceux qui sont venu•es — qui font les territoires à défendre — témoigner de la nécessité des interconnextions vivantes.

Leur engagement est une piste possible à explorer pour ne pas céder aux injonctions violentes des mondes démoniaques. Non pas s'enfermer dans des bulles, mais porter à voix haute ce qui s'échange devant, derrière les comptoirs.

Nous sommes le dimanche 15 mars 2026, lendemain d'une journée nationale contre le fascisme, racisme et toutes les oppressions quotidiennes qui nous divisent. À quelques heures des résultats d'un premier tour, amorce possible d'un point de bascule, même si ça fait longtemps que ça a basculé.

Comment s'organiser ? Comment résister ? Sortir de l'impasse, d'un empire artificiel auquel nous refusons de nous soumettre ?

Ces tavernes sont nées de la nécessité de créer un peu de rencontres, de la chaleur dans cet humide hiver, pour que les mots continuent de s'écrire, faire corps en campagne, devenir rhizome.

Ici, c'est la dernière taverne champêtre de l'hiver. L'envie de réunir autour d'une table des acteur•ices qui peuplent le quotidien.

« Chronique Taverne », à laisser s'inventer du positif, situé à un regard autour de l'engagement, c'est le fil rouge qu'on va tirer avec les protagonistes pendant cette heure

Et convaincu que la révolution passera aussi par la paysannerie, c'est avec Marie et Tim qu'on commence pour débroussailler le vrai du faux de ce qui se trame en milieu agricole, à travers votre parcours, votre vision, votre ancrage

Discussion avec Marie et Tim

Retranscription de la discussion avec Marie et Tim
Bonjour Marie
Salut
Bonjour Tim
Bonjour
Merci d'avoir accepté de venir
Est-ce que pour commencer, peut-être Marie, tu peux faire une petite présentation
D'où tu viens, comment tu as cheminé, ce que tu aimes faire
Et pourquoi tu es là aujourd'hui
Alors
Je suis originaire du coin, moi je suis née à Ercé
Enfin non, je ne suis pas née à Ercé-en-Lamé
Mais mon père était paysan à Ercé-en-Lamé
Sur la ferme où on bosse aujourd'hui avec Timothée
Voilà, ça c'est d'où je viens
Ce que j'aime faire
C'est ça après, non ?
Ce que j'aime faire
La ferme, ça me plaît bien
Être sur la ferme, ça me plaît bien
Et du coup, ça veut dire que je n'ai pas beaucoup cheminé en fait
Parce que je suis née là, je suis là
Voilà
Merci
Mais justement, par rapport à ça
À quel moment tu as décidé de revenir ici ?
Enfin, pourquoi tu es partie déjà ?
Et au moment où tu es partie, c'était quand ?
C'était pourquoi ?
Et qu'est-ce qui a fait que tu as décidé de revenir ?
C'était quoi pour toi, à ce moment-là, l'élément déclencheur ?
C'était tes envies, tes rêves ?
Et se situer à quel endroit ?
Moi, j'ai dit que je voulais faire ce métier depuis que je parle
Et du coup, c'est ce qui me fait dire que je ne crois pas trop à la vocation finalement
C'est un peu triste, ce n'est pas très poétique
Mais je crois que si mon père était viti, je serais viti
Et peut-être même s'il était joyé, je serais joyère
C'est ça qui est terrible
Mais ça s'est passé comme ça
En fait, j'ai voulu faire ce que j'ai vu, je pense
Mais j'aime bien les animaux
Mais voilà quoi
Et tu peux nous dire justement ce que tu fais ?
Ah donc, on élève des vaches laitières
Et on a aussi des pommiers et des poules pondeuses sur la ferme
Voilà
Et le regard que tu portais enfant du coup sur la ferme
Est-ce qu'il ressemble à ce... comment tu le vois aujourd'hui ?
Je ne sais pas
Je ne sais pas
Oui, si, si ça ne ressemble pas mal, je pense
Je ne sais pas
Mais toi, dans la façon dont tu voyais ça
En tout cas, dans ce que tu décris là
Avec beaucoup d'amour
D'une évidence de revenir ici et de faire ce que tu fais
Est-ce que ça correspond aux choses que tu voyais à l'époque ?
Je trouve ça hyper épanouissant
Pour moi, en tout cas, je me sens à ma place
Voilà
Et je trouve que ça a du sens à plein d'endroits
Politiquement, écologiquement, économiquement
Parce qu'il faut aussi en vivre
Enfin, ça fait sens pour moi à tous les endroits
Qui me sont chers
Mais tout ça, je ne l'avais pas incorporé enfant
Mais pour le coup, je devais quand même le pressentir
Parce que je voulais faire ça
Je ne sais pas si je réponds à ta question
Si, si, si
Et par rapport au territoire
Est-ce qu'il y a une évolution dans...
Enfin, par exemple, moi
Je n'habite pas du tout là où j'ai grandi
Et du coup, quand j'y retourne
Les changements, ils sont énormes
Et je me demande
Toi qui es restée au même endroit
Quels sont les changements que tu peux voir ?
Ce n'est pas très positif
Les changements, ça ne va pas très bien dans d'autres coins
À l'endroit de l'agriculture
Ça fait hyper longtemps qu'on a compris
Que l'élevage s'industrialisait
Avec des concentrations des structures
Beaucoup moins de gens dans les campagnes
Et du coup...
Beaucoup moins de gens dans les fermes
Donc moins de gens dans les campagnes
Une espèce de manque d'ambiance globale
Pas trop de temps faible pour causer
Et ça, ça fait longtemps qu'on le voit
Mais ça ne fait que s'accentuer
Donc non, ce n'est pas dingue
Mais vous faites des trucs quand même
Un peu pour ça
Ah oui, par contre
Contre ça
Nous, on essaye de ne pas être dans ce délire-là
Mais des fois, on a un peu l'impression
D'être...
Enfin, ce n'est pas forcément à l'image
De notre environnement agricole
Ça ne va plutôt pas bien
Je trouve
Avec beaucoup de grosses structures
Entre hommes, entre tiers souvent
Et assez polluants
Enfin, très polluants
Il n'y a pas une super ambiance, je trouve
Enfin, pas partout et pas que
Mais quand même, globalement
Je trouve que ça ne va pas très bien
Et qu'est-ce que tu pourrais mettre
Comme quand même
Un peu de mots d'espoir
De projections
De choses qui peuvent évoluer
Quand même dans un bon sens
Ou qu'est-ce qu'on peut faire
Pour que
Tirer les choses
Dans la bonne direction
Je pense qu'à la fin
C'est toujours la nature qui gagne
Parce que je trouve que
L'humain est assez petit
Donc ça me met toujours
Un peu d'espoir
Quand je vois
Même les infrastructures en béton
Quand on les quitte
Un peu trop longtemps
On voit vite
Finalement, la nature
Elle reprend ses droits super vite
Et on est assez faible
Donc ça, je me dis
Bon, à la fin
C'est quand même elle qui gagne
Mais je ne sais pas
Combien de temps la lutte va durer
Je pensais qu'on était
Au pic de la connerie
Mais en fait, on est sur un plateau
Des fois, je trouve ça un peu long
Mais je pense qu'à la fin
On perd
Mais je ne sais pas quand on sait
C'est plein d'espoir, ça ?
Ouais, ouais, quand même
C'est bof, hein ?
Non, mais sur un plateau
Voire même
Sur un plateau
Voire même
En redescente
Alors, je n'ai pas vu la descente
Mais je suis prête à la voir
Par contre
Non, mais par exemple
Par rapport à la crise
Ce qu'on appelle
Dans les médias mainstream
La crise agricole
On voit que
Qu'on noie l'information
Que pour le commun des mortels
Qui n'a pas de regard
Sur la paysannerie
Ou sur le milieu agricole
Les informations sont noyées
Que la confédération paysanne
Tente des choses
Mais on voit bien
Qu'il y a quand même
Un discours mainstream
De la FNSEA
Avec les politiques
Donc ça, c'est ce que moi j'appelle
La redescente
C'est le film de la semaine dernière
Qui est sorti rural
Qui met en lumière
Je ne vais pas nommer
Les personnages
Voilà
Moi je ramène ça
Peut-être à ma position de cuisinier
Où c'est compliqué
C'est compliqué
Parce que nous
On veut
On veut
On veut travailler
Avec la paysannerie
On veut
Faire des cantines
On veut
Nourrir les luttes
Mais c'est compliqué
Ouais
Et en même temps
Finalement
Les gens
Ils sont tous
Assez d'accord
Même des gens
Qui ne votent pas
Écolo
Ils sont assez d'accord
Pour dire
Qu'ils ont envie
En fait les gens
Ils valorisent vraiment
Beaucoup
Les oiseaux
La nature
L'eau
On le sait
Donc en fait
Les gens
Ils ont quand même
Envie de ce qu'on fait
Mais on ne prend pas
Beaucoup de place
Mais je pense que
C'est l'avenir quand même
Je pense qu'on a raison
Ça c'est ça l'espoir
Ça c'est l'espoir ça
Timothée
Est-ce que tu veux
Te présenter rapidement
Et rebondir peut-être
Quelque chose
Timothée
Moi je travaille
Sur cette
Ferme où Maria
Grandie
Depuis ça fait
Une grosse quinzaine d'années
Qu'on est installé là
Maintenant
Moi je n'ai pas grandi
A R.C.
En la main
Mais voilà
Je m'y sens bien
Malgré tout ça
Aujourd'hui
Et c'est vrai
Que ce qu'on disait
Tout de suite
Moi j'ai l'impression
Qu'on se sent
En minorité
En tout cas
Dans le paysage agricole
Depuis qu'on est installé
Parce qu'en tant que producteur
Ou productrice bio
Voilà
On est sur des fermes
Minoritaires
En nombre
Ou en surface
Sur le territoire
Etc
Mais ce qui est peut-être
Un peu
Ce qui nous apparaît
Un peu plus
Ces dernières années
Parce que c'est
J'ai l'impression
Ce qu'on voit
Dans notre secteur
Dans la société
C'est une espèce
De polarisation
De plus en plus forte
Entre
Certaines structures
Voilà
Amis
Compagnes
Pour nous
Avec qui on se sent bien
Avec qui on travaille
Dans le cadre
De notre marché
A la ferme
De manière
Qu'on a chez nous
Et en même temps
On voit
Nos
Enfin les exploitations
Voisines
Qui sont d'une part
De moins en moins
Nombreuses
Et en effet
Qui commencent
Voilà
Nos collègues
On n'a vraiment
Pas du tout
Le même métier
C'est assez étonnant
De faire ce constat là
Je trouve
Et comment ça se vit
Au quotidien ça ?
On s'ignore pas mal
Finalement je pense
Les uns les autres
Avant tout
Voilà
Enfin moi
On s'ignore plus
Qu'on se fait la guerre
Sauf quand il y a évidemment
Une parcelle à récupérer
Où là d'un coup
Les
Enfin voilà
C'est un peu plus
La concurrence
Mais
Non je crois que chacun
Fait ça un peu
Dans son coin
Et moi de ce qu'on
Ce dont on m'a parlé
J'ai l'impression
Qu'il y a moins d'échanges
Entre voisins et voisines
Que ça pouvait être le cas
Avant sans idéaliser
Non plus
Une situation
Préalable
Et après je pense aussi
Que les fermes
Sont de moins en moins
Ouvertes
Pour les non agricoles
Et ça nous c'est un constat
Qu'on a fait
On a un petit marché
Le jeudi soir
Chez nous
Qui est assez modeste
On est 5, 6, 7
Producteurs
Productrices
Présentes
Voilà
Chaque semaine
Et il y a un nombre
De personnes
Qui viennent
Enfin voilà
C'est modeste
Mais
Modeste et génial
Évidemment
Mais
Et je vois bien
Que ce qui plaît
Vachement aux gens
C'est que selon
Les périodes de l'année
Les vaches
Elles sont là
Dans la stabule
Qui est à Nantes
Les poules
On peut les voir
Parce que voilà
Ils sont sur la cour aussi
Et bien qu'on soit
Nous-mêmes
Vraiment au milieu rural
Parce qu'on est quand même
Loin de Rennes
Loin de Nantes
On est vraiment dans une campagne
Quand même
Oui voilà
Loin de la ville
Mais pour autant
Il y a pas mal de gens
Aujourd'hui même en campagne
Qui sont vraiment loin
Enfin qui voilà
Qui n'ont pas accès
Enfin pas accès
Qui ne connaissent pas forcément
Bien le monde agricole
Qui n'ont pas forcément
Voilà l'occasion
De rentrer sur une ferme
Parce qu'aujourd'hui
C'est
En fait
Ouais tu fais pas
Toc toc comme ça
Pour aller voir les vaches
De ton voisin
Même s'ils t'habitent
Dans le même hameau
Ouais
Je rebondis sur ce que tu dis
Et ça c'est parce que
Ce que tu dis juste avant
Que les fermes sont fermées
Qu'elles sont pas assez ouvertes
Parce qu'il n'y a pas
Parce qu'on n'est pas
Assez centré sur la ferme
Parce que la société
N'est pas assez centrée là-dessus
Moi je pense à deux choses
Je pense au fait que
Il y a quand même
Vachement d'expandations
Aujourd'hui
Où les
Les paysans
Enfin les agriculteurs
Et je le dis au masculin
Volontairement
Parce que j'ai l'impression
Qu'il y a
Voilà
Les femmes sont
Je crois moins
Enfin je sais pas
Quel accès
On voit beaucoup en effet
L'association entre tiers
Entre hommes
Dans notre campagne
Et en fait
Ils sont hyper occupés
Donc déjà
Ils sont pas là
Ils sont
Parce qu'ils montent
Les structures
De plus en plus grosses
Et voilà
Ils se mettent
Des montagnes
D'activités
De travail
Sur le dos
Et il y a ça
Et puis il y a aussi
Dans les évolutions
Dans les élevages
Je vois
Dans ce qu'on peut connaître
Nous en volaille
On nous parle de biosécurité
Etc
Il faudrait commencer
À mettre une combinaison
Spéciale
Quand tu rentres
Dans l'élevage
C'est pas ouvert
Comme ça
Ça pourrait l'être
Pour des
L'improbables
Raisons sanitaires
Les animaux
Ils sont
De plus en plus
À l'intérieur
Et le truc
Qui a disparu
Par rapport à notre enfance
Dans le coin
Pour ceux qui étaient dans le coin
C'est les traversées
De troupeaux de vaches
Alors que c'est assez commun
De se stopper
10 minutes
Le temps que les vaches passent
Ça n'existe plus
Ou franchement
Très rarement
Et je sais pas
Si c'est un but en soi
Que les vaches passent la route
Mais c'est quand même cool
De se dire que
Tout n'est pas dédié
À la voiture
Et c'est plein de mini trucs
Comme ça
Qui fait que nos campagnes
Ne sont plus du tout
Celles qu'elles étaient
Alors pareil
Enfin je te rejoins
J'idéalise pas ce que c'était
L'ambiance et tout
Il va y avoir de la merde
Mais il y en avait
Mais là
Il y a de la merde aussi
Mais sans l'ambiance
Et le
C'est un peu ça
Et aussi
Le territoire hyper fermé
L'accès au chemin
Il y a toujours un alibi
Pour vendre un petit bout de chemin
Justement pour un paysan
Qui doit
Pour son robot de traite
Pouvoir faire un îlot
Machin
Donc t'as des petits bouts de chemin
Qui sont vendus
Et ça dure depuis des lustres
Donc en fait
T'as plus du tout de boucle possible
Nous dans notre campagne
Des coteaux qu'on connait bien
T'as plus de boucle possible
Si jamais
Le paysan
Ou la paysanne
N'est pas d'accord
Pour que tu passes
Ça marche plus
De faire une boucle
Donc t'as des espèces
De chemins inintéressants
Des voies sans issues
Tout est fermé en fait
Et ça aussi
Ça fait que tu habites
À la campagne
Mais que finalement
Hormis ton terrain privé
Le reste ça appartient
Aux agriculteurs du coin
C'est dommage
Et je trouve aussi là
Depuis 2-3 ans
J'ai plus les dates
Pile poil en tête
Mais on ressent un peu
Un côté décomplexé
Dans le monde agricole
Depuis un peu ce qu'on a appelé
Je crois
La colère des agriculteurs
Là où
On sent qu'il y a vraiment
Une tendance à s'en foutre
Quand même
Assez ouvertement
Des questions environnementales
Etc
De manière
Pas de problème
C'est un peu enroule
Je trouve
Ce que vous dites
Je vais le traduire
Avec mémoire
Mais
Il y a plein de facteurs
Qui aggravent tout ça
Que ce soit
L'agrandissement des fermes
Que ce soit
Il n'y a plus de micro-fermes
Il n'y a plus
Là le fait
Que les vaches traversaient
La rue
C'est peut-être
Parce qu'il y avait
Des plus petites exploitations
Ou
Qui étaient peut-être
Plus connectées
Là j'ai l'impression
Que
En gros il y a
Vous
Et le reste
Qui est grand
Gros
Immense
Qui ne se parle pas
Et
Oui
C'est sans doute
Un tout petit peu noirci
Mais c'est vrai
C'est pas que nous
En tout cas
Mais voilà
Quand je dis vous
C'est vous
Non non j'entends bien
Mais ouais non
C'est vrai que c'est un peu
Ce que je viens de dire
En effet
Et non je le pense
Je le pense vraiment
C'est vrai que c'est assez climé
Et après moi pour autant
Je suis pas forcément
J'ai pas forcément envie
De
De faire la promotion
Des micro-fermes
Parce que moi
Ce qui me parle
C'est que
Vraiment que
L'agriculture bio
L'agro-écologie
On l'appelle comme on veut
Mais occupe l'espace
Donc on a besoin d'un stade
Sur des grosses surfaces
Ou des surfaces moyennes
Enfin après
Tu mets le curseur où tu veux
Mais on peut pas
Si on multiplie
Des micro-fermes
En agro-écologie
On va pas y arriver
En fait
Faut qu'on prenne l'espace
Pour la qualité de l'air
De l'eau
Et qu'on accepte
Que non
Enfin que le modèle
Qui pourrait
Faire que nos campagnes
Soient vivantes
Et respectueuses
D'environnement
En fait c'est pas
Je pense pas
Que ce soit des micro-fermes
Il peut y en avoir
Mais je pense qu'il faut aussi
Occuper l'espace
En agriculture industrie
Ils gênent pas
Pour le prendre
Le foncier
Et du coup
Ils ont des implications
Énormes sur la flotte
Et l'air
C'est très positif ça
Non non non
Mais tu as complètement raison
Et il faut
De toute façon
Comme on dit
Il faut nourrir
Il faut nourrir la population
Donc il faut
Occuper ces espaces-là
Bon bah merci
Merci beaucoup
Sur ces morceurs
Non mais merci
Ça donne
Enfin voilà
C'est effectivement
C'est difficile
D'avoir
Une vision
Complètement
Espérée
De la suite
Mais voilà
On est là aussi
Pour ce
J'ai une note positive
Moi si je peux
Vas-y
Je pense que
Enfin j'ai carrément
Un projet
Je pense que
Pour occuper l'espace
Il faudrait
Qu'on élève des vaches
Et pour élever des vaches
Il faut aimer les vaches
Et je pense qu'il y a
Beaucoup de gens
C'est un message
J'espère qu'il sera diffusé
Largement ce podcast
Qui ne connaissent pas
Les vaches
Qui pourraient aimer les vaches
Et ça nous permettrait
D'occuper l'espace
Et c'est hyper écolo
La vache
Quand tu vois
Cette masse
De 5 centilos
De poids vif
Qui mange que de l'herbe
Depuis qu'elle est née
C'est quand même
Hyper efficace
Et je pense qu'il faut
Des vaches
Aimer les vaches
Apprendre à aimer les vaches
Si on ne les aime pas
Dès qu'on la voit
Et je pense que
C'est elle
Qui va nous sauver
Merci Marie
Merci à vous deux
            

Intermède musical — Le cœur indigné

Qu'est-ce qu'on fait après déjà ? On va mélodier un peu les oreilles et on va tenter de rester dans les sillons de la transmission parce que Tim et Marie je crois qu'on n'a pas donné le nom de votre ferme !

C'est la ferme de la Pignerie et c'est une ferme familiale.

Et dans cette transmission, on va écouter en direct le chœur indigné qui va chanter « l'Estaca », le pieux.

Paroles de l'estaca
Tant que je n'étais qu'une gosse
Ma grand-mère
Ma grand-mère
Ma grand-mère me disait souvent
Assise à l'ombre de son porche
En regardant passer le vent
Petit vois-tu ce que de bois
Auquel nous sommes tous enchaînés
Tant qu'il sera planté comme ça
Nous n'aurons pas la liberté
Sous-titrage Société Radio-Canada
Sous-titrage Société Radio-Canada
Le chœur indigne
Que je m'y écorche les mains
Et je me dis de temps en temps
Que je me suis battu pour rien
Il est toujours si grand, si lourd
La force vient à me manquer
Je me demande si un jour
Nous aurons bien la liberté
Si estiré en tout se y'a qu'orra
Et mort des temps ne peut durer
Seguir que tomba, tomba, tomba
Ben corcada, déu seja
Si je restis le fort, per qui
Et tu restis le sport, per ya
Seguir que tomba, tomba, tomba
Et tu devrais m'arriver
Puis ma grand-mère s'en est allée
Un vent mauvais l'a emporté
Et je reste seule sous le porche
En regardant jouer d'autres gosses
Dans le sang autour du vieux pieu noir
Où tant de mains se sont usées
Je chante des chansons d'espoir
Qui parlent de la liberté
Si estirem tot se y'a qu'orra
Et mort des temps ne peut durer
Seguir que tomba, tomba, tomba
Ben corcada, déu seja
Si je restis le fort, per qui
Et tu restis le sport, per ya
Seguir que tomba, tomba, tomba
Et tu devrais m'arriver
Et si nous tirons tous
Il tombera
Ça ne peut pas durer comme ça
Si il faut qu'il tombe, tombe, tombe
Vois-tu comme il penche déjà
Si je tire fort, il doit bouger
Et si tu tires à mes côtés
C'est sûr qu'il tombe, tombe, tombe
Et nous aurons la liberté
C'est sûr qu'il tombe, tombe, tombe
Et nous aurons la liberté
(...)